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jeudi 11 décembre 2014

Matière élogieuse

(MàR#200)
En cette fin d’année arrive immuablement, comme le sapin et les cadeaux, l’heure des bilans puis des bonnes résolutions...
D’ici là, réjouissons-nous*...
  • La France progresse et se place désormais (juin 2014, Enquête CREDOC « Conditions et aspirations de vie ») au 5° rang européen s’agissant de nos équipements numériques à domicile : 78% des foyers sont connectés à Internet (loin derrière les Pays-Bas, 93%, mais devant l’Allemagne, 76%).
    Au troisième trimestre 2014, 35% des foyers étaient équipés d’une tablette tactile alors qu’ils étaient moins de 4% en 2011
    (Home Devices, Médiamétrie).

  • Lors du lancement au printemps dernier du journal le 1, Eric Fottorino, co-fondateur et Directeur de la Publication déclarait : "Je n'accepte pas l'idée paresseuse du déclin du papier".
    Cet hebdo abordant un sujet unique par numéro sous la forme d’origami (8 pages sur une seule feuille, 84 cm de contenus, 45 grammes), sans publicité, diffusant en moyenne 20.000 ex., vient de recevoir le Trophée de la meilleure innovation éditoriale 2014 ainsi que le Trophée du nouvel éditeur lors de la cérémonie des Trophées de l’Innovation Presse
    (novembre 2014, Presse au Futur).

  • Le Fonds pour l’Innovation Numérique (FINP) Google-AIPG (Association de la presse d’information politique et générale) a retenu 30 dossiers sur les 44 déposés en 2014, sans pour autant épuiser l’enveloppe prévue de 20 millions d’euros. Parmi les projets validés, 7 émanent de pure players et 5 de « new players » (titres établis qui se lancent dans le numérique).

  • Selon l’étude Kantar Media TGI, les femmes consommatrices de produits de luxe, privilégient les magazines pour leur consommation média (83% contre 75% des françaises).
    9% d'entre elles avouent même consommer plus de 10 magazines par an, soit le double du reste de la population. Elles consomment aussi davantage la presse numérique (17%) que le reste des françaises (10%). Vous les trouverez enfin sûrement devant Pinterest, leur réseau social préféré.

  • Les entrées cinéma maintiennent une progression de +9,3% sur les onze premiers mois de l’année malgré une baisse de -8,4% en novembre (source Centre National du Cinéma et de l’Image animée).
    Parmi ces 16,83 millions d’entrées (à fin novembre 2014), la part de marché des films français est estimée à 43,4% Vs 33,4% sur janvier-novembre 2013.

  • Même si Trierweiler et Zemmour cartonnent en tête des ventes, saluons le quinzième Lauréat du Prix Nobel de littérature français, Patrick Modiano, 292.000 ventes à ce jour de son nouveau roman ("Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier", Gallimard).

  • Le 21 décembre à 23h03, solstice d’hiver. Dès le 22, après ce jour le plus court de l’année, nous nous laisserons donc couler vers des jours plus ensoleillés...

D’ici là, je vous souhaite de bien finir l’année, peut-être devant votre écran pour préparer vos cadeaux (comme 86% des Français), voire en train de taper vos 16 chiffres de CB  (68% des Français, Médiamétrie NetRatings)

Corinne da Costa
(cdacosta@seprem.fr)

Aujourd'hui, 200ième parution de « Matière à Réflexion », initiée par Bernard Petitjean en septembre 2009, il y a plus de 5 ans...

* Source d’inspiration : “64% des Français trouvent que les médias ne donnent pas assez d’informations positives”.(Harris Interactive novembre 2014)





jeudi 6 novembre 2014

Prêts à payer ?

(MàR #199)


En cette période de réflexion sur la monétisation des contenus en ligne, subsiste toujours la même interrogation : à quoi les internautes accordent-ils suffisamment de valeur pour être prêts à payer ?
et selon quelles modalités ?
CCM Benchmark (éditeur du JDN) dans une étude menée en septembre dernier auprès de  814 internautes, déjà consommateurs de contenus payants, apporte des éléments de réponse.


La musique arrive largement en tête des contenus et services achetés au cours des 6 derniers mois, avec 49% des personnes interrogées concernées. Dans le tiercé de tête figurent également la VOD (28%) et les jeux vidéos en ligne (23%), puis les livres numériques avec 21% d’achats effectifs.

Si les contenus d’actualité et la presse n’ont été payés que par 13% des répondants, ceux-ci y ont toutefois consacré un budget moyen mensuel de 6,31€ pour les femmes et de 7,34€ pour les hommes, plus élevé que celui accordé à la musique (5,66€ pour les femmes et 6,26€ pour les hommes) et à la VOD (5,46€ pour les femmes et 6,97€ pour les hommes).

L’étude s’intéressait également aux modalités de paiement plébiscitées par les internautes : le paiement à l’acte reste la solution préférée, mais, bonne nouvelle, les formules d’abonnement prennent de l’importance.
Ainsi, pour les contenus d’actualité et la presse, 43% des interrogés déclarent être intéressés par l’abonnement et 8% par la constitution d’une « réserve de paiement », ce qui sous-entend une confiance et une fidélité envers l’émetteur d’information.

Enfin, l’incitation à acheter passe pour plus des 2/3 des répondants, par un essai préalable gratuit des services et produits proposés, les contenus exclusifs prenant la dernière place en terme d’incitation (16%).

Ces enseignements sont à rapprocher de certains éléments mis en évidence dans une investigation récente menée par Hadopi et le Groupement pour le développement de la Lecture Numérique (GLN) sur les usages et les perceptions du livre numérique des français.
Il y apparaissait que pour de nouvelles formules d’achat, les lecteurs se montraient notamment intéressés par la vente couplée (vente d’un livre papier plus version numérique) (78% d’intéressés) et pour la catégorie des gros lecteurs, par la possibilité de souscrire à un abonnement (69% d’intéressés).
Mais une tendance qualitative se dessinait : la banalisation des livres numériques entraînait la perte du sentiment de propriété, et l’offre de contenus était perçue comme étant « libre » : des « fichiers », simples avatars de livre imprimé.

A suivre avec attention : signal faible ou simple étape dans de nouvelles habitudes de lecture ?


A lire aussi : 

 

jeudi 2 octobre 2014

Dépenses publicitaires : la France à la traîne

(MàR # 198)


Selon les dernières prévisions publiées le 22 septembre dernier par ZenithOptimedia (ZO), le marché mondial de la publicité devrait enregistrer des croissances supérieures à 5% dans les 3 prochaines années, celles-ci étant tirées par le développement rapide des technologies et usages numériques.
Pour ZO, la publicité via Internet représentera 23,6% des budgets publicitaires mondiaux, dépassant pour la première fois le cumul des quotidiens et des magazines.
Et chez nous ?

Mauvaise nouvelle…
Le recul des dépenses publicitaires s’élèverait en France à -1,2% en fin d’année et ce n’est pas fini…
-0,5% pour 2015, stagnation en 2016…

Si la télévision se maintient, la presse magazine et la presse quotidienne sont en chute (-6,6%) et la croissance des recettes sur Internet s’est ralentie (+3,4% Vs +4,3% en 2013).

Intéressons-nous aux composantes de cette croissance…
Si le search est stable (+4,7%), elle est tirée par la publicité sur la vidéo et surtout sur l’Internet mobile : pour cette dernière, il est prévu cette année une croissance de +67% (soit 7 fois plus que que l’Internet fixe) et elle représentera 20% de toute la publicité sur Internet.

Nous disposons, grâce à la dernière vague du « Baromètre biennal du marketing digital B to B, InfoPro Digital », d’éléments précis sur les stratégies publicitaires B to B pour les campagnes digitales, dans le cadre de promotion de produits ou services B to B (en partenariat avec le Club des Annonceurs, 538 annonceurs de tous secteurs et toutes tailles interrogés, fonctions de Direction, publicité, marketing, communication et commerciale vente).
 
Le ciblage contextuel est, cette année, la première stratégie mise en œuvre (71% Vs 59% en 2012), loin devant le ciblage comportemental (24%, identique en 2012) et le ciblage socio-démographique (19% Vs 21%).
La puissance, citée par 52% des interlocuteurs en 2012, ne l’est plus que par 13%.

Les sites privilégiés sont ceux de la presse professionnelle/spécialisée (85% Vs 70%), puis les sites des clients et fournisseurs (48%) et les blogs/réseaux sociaux /forums professionnels (44% Vs 20% en 2012).
En terme de moyens, si l’e-mailing reste en tête des citations (66%), les réseaux sociaux d’une part et le search sont placés de façon presque équivalente en second rang (55 et 54%), suivis par la publicité Internet (34%)
Les hausses d’investissement les plus importantes se porteront sur les réseaux sociaux (en augmentation pour 47% des personnes interrogées) et le search (36%).

Pour conclure, si vous êtes dans cette catégorie d’annonceurs B to B et souhaitez découvrir le palmarès des Prix décernés par l’Association de Promotion de la Presse Professionnelle Presse Pro, connectez-vous dès le 15 octobre matin sur le site http://www.presse-pro.com/.

jeudi 3 juillet 2014

« Com-plé-men-taire »*

(MàR#195)


* « Qui constitue un complément, qui vient s’ajouter à d’autres choses de même nature pour les compléter. »
synonyme : « additionnel »
(Larousse)


Le mois dernier, nous étions rassurés par la réalité permanente de la lecture, y compris chez les plus jeunes.

Notre étude menée pour le compte du Syndicat de la Presse Sociale en mai** apporte à son tour son lot de bonnes nouvelles : près des deux tiers de notre échantillon
(représentatif comme il se doit, de la population française des 18-65 ans) déclarent une lecture au moins hebdomadaire de la presse écrite print, au même niveau que la lecture d’informations numériques sur écran (PC ou Smartphone ou tablette).
La possession pour les deux tiers d’entre eux de Smartphones et pour plus d’un tiers d’entre eux de tablettes, augmente logiquement de façon significative la lecture sur écran.
Mais au-delà de la régularité de lecture, ce sont les fonctions très précises attribuées aux deux types de supports qui ouvrent bien des perspectives :

o   La préférence exclusive de la lecture sur papier s’impose pour « la lecture de façon approfondie » et « la conservation de l’information » ;

o   La préférence exclusive de l’écran porte sur « le partage de l’information » et « la recherche de réponses à une question précise ».

o   A l’exception de ces recherches d’informations répondant à une demande précise, ni l'écran ni le print seuls ne l'emportent et ce n'est qu'en cumulant les réponses « papier + écran » que l'un ou l'autre peut espérer satisfaire une majorité de lecteur.

Opposés le papier et l’écran ? non, complémentaires…
Et même si cette étude n’abordait pas l’influence des contextes professionnels sur les habitudes et préférences de lecture, nous pouvons sans trop de risques, employer ce terme un peu « valise » de « dispositif d’information »…

A vous d’y réfléchir, de le construire, décliner, faire évoluer, rendre attractif, les lecteurs n’étant ni éditeurs, ni marketeurs…
L’été qui commence est la période propice non ?
Bon travail, et rendez-vous un prochain jeudi pour une autre forme de « Matière à Réflexion ».

** Etude en ligne réalisée du 25 avril et le 12 mai 2014, auprès d’un échantillon de 1.165 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


Vous aimerez peut-être :
http://matiere-a-reflexion-by-seprem.blogspot.fr/2013/06/la-dictature-des-tuyaux.html

jeudi 17 octobre 2013

Print ou Web ? Non, Print + Web !

(MàR #186)


Face aux éditeurs américains qui continuent majoritairement de penser qu’il faut faire disparaître les médias imprimés au profit du numérique, les Français – moins dogmatiques ou plus pragmatiques – ont toujours privilégié les approches bimédia.
La 3ème édition de l’étude « Print+Web » du Syndicat des éditeurs de presse magazine (SEPM) leur donne raison.


Le déploiement de la presse sur différents supports (« devices ») a parfois été perçu comme une nécessité pour assurer une transition du papier vers le numérique, avant la disparition du premier.
Les lecteurs utilisant les différents supports ne sont pas de cet avis : 78% associent le « multi-devices » à « la liberté » ; 76% à un accès à des « contenus enrichis » via les fonctionnalités web 2.0 ; 72% à « l’approfondissement des sujets » ; 74% au « partage d’information » ; 65% à une « complémentarité » des mode d’information.

Pour qu’il y ait complémentarité et non substitution, il faut que chaque support ait ses propres atouts et soit fort de ses différences, que celles-ci soient objectives ou subjectives. C’est bien le cas.

Pour les lecteurs utilisant les deux supports, la lecture de magazines imprimés est d’abord liée au « plaisir du papier » (92%), suivi par l’intérêt pour les hors-série et numéros spéciaux (77%), puis par l’achat en point de vente.
Pour ces mêmes lecteurs, la première motivation de lecture digitale des mêmes magazines est « l’esthétique » (68%) –  merci la tablette ! –, suivie par « le côté pratique » (57%) –  vive les supports nomades ! –, et « le partage » (53%) via les réseaux sociaux. A noter que « l’approfondissement » ou « les contenus enrichis » ne font pas partie des motivations individuelles dépassant la moyenne, alors que ces possibilités offertes par le numérique sont largement connues (cf supra).

Si les « e-lecteurs » plébiscitent les dispositifs « Print + Web », ils continuent de donner plus d’importance au support imprimé qui demeure le « média père » de ces dispositifs. Ainsi, la confiance dans la marque média est très majoritairement (69%) liée aux valeurs véhiculées par le magazine imprimé et, pour 64% d’entre eux, c’est le Print qui permet une meilleure acceptation et une plus grande confiance dans la publicité.

A noter enfin que les mix « Print + Web » ont également des effets positifs sur l’efficacité de la publicité auprès des e-lecteurs : ils en renforcent le souvenir pour 71% d’entre eux, permettent une meilleure information sur les produits et services des annonceurs (68%), incitent à consulter les sites des annonceurs (62%) et permettent même « la réussite de l’achat » pour 49% !